Devenir locavore : comment et pourquoi !

Le terme « locavore » est né à San Francisco en 2005, à la faveur du mouvement californien Local Food, porté par Jessica Prentice, cuisinière et auteur américaine. Mais bien avant, en 2001 dans le Var, Daniel Vuillon, agriculteur toulonnais lance le concept des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (les fameuses AMAP !). De nombreuses expériences de relocalisation de la production et de mise en relation des producteurs et des consommateurs ont vu le jour en France depuis. Accentuées encore par la crise sanitaire de 2020. Revue de détails sur les bénéfices et les défis du locavorisme. Quand 92% des consommateurs français déclarent vouloir consommer plus qu’avant des produits locaux (étude Shopper Observer par Havas Paris – mai 2020).

Redonner du sens à ses achats alimentaires

 

Consommer de saison 

Une tomate ou une fraise en hiver, dans nos pays occidentaux, c’est plutôt contre nature. Ces cultures désaisonnées consomment beaucoup d’énergie pour y parvenir. C’est donc du bon sens de consommer de saison pour limiter son impact écologique. On redécouvre aussi des légumes oubliés, des saveurs d’antan, qui contribuent à la diversification de notre alimentation.  

 

Manger plus sainement 

La proximité permet de limiter les temps de transport entre récolte et consommation. Donc de cueillir à maturité, de ne pas réfrigérer inutilement les denrées et de pouvoir manger des fruits et légumes qui ont du goût et n’ont pas perdu leurs vitamines. Si en plus, le producteur est engagé dans une démarche écologique, vous aurez le plaisir du palais et un bénéfice santé accru.  

 

Respecter l’environnement

C’est tout l’enjeu de consommer local. Visiter l’exploitation et discuter avec le producteur sur ses pratiques, facilitent la prise de conscience des deux parties. Pour une meilleure compréhension des attentes clients et des contraintes de production. Il est aussi plus facile d’expliquer le prix des marchandises et donc son acceptabilité.  C’est une démarche de progrès qui se joue à deux. 

 

Soutenir les producteurs locaux

Acheter local c’est aussi un choix conscient du consommateur. Favoriser la juste rémunération des professionnels et les conditions décentes d’exercice de leur métier. Faire circuler l’argent sur son territoire, c’est maintenir la richesse ici et pas ailleurs. En prenant le temps de se renseigner sur les producteurs à côté de chez vous, vous trouverez forcément des contacts qui correspondront à vos valeurs. Et puis c’est gratifiant de savoir qu’on contribue au maintien d’emplois locaux. 

Retrouver une souveraineté alimentaire 

A l’échelle d’un territoire, être en capacité de produire une gamme diversifiée de produits alimentaires c’est retrouver son indépendance face aux importations étrangères. La mondialisation des dernières décennies a montré ses limites en temps de crise. Aussi importante que la santé, l’alimentation devient un enjeu politique et sociétal. 

Relever le défi de la gouvernance alimentaire 

Si manger local devient une tendance de fond, est-ce cependant possible de changer radicalement ses approvisionnements ? La demande est telle, que l’offre actuelle de produits locaux, dans certains territoires en particulier, n’est pas toujours suffisante. Il faut se pencher sur les freins pour espérer accroitre la part des produits locaux dans notre consommation quotidienne. 

 

Comprendre la réalité de la production dans son territoire

 

Une alimentation locale diversifiée passe par des produits de l’élevage, du maraichage et de la céréaliculture, en priorité. L’auto-suffisance alimentaire de la France n’est pas aujourd’hui une réalité. Et le vouloir passerait par un plan massif d’installation d’agriculteurs, de conversion de terres et de formation des jeunes pour rendre le métier plus attractif et plus rémunérateur. Si la crise sanitaire semble redonner l’envie aux urbains de s’installer à la campagne, il ne faut pas s’y tromper. La population agricole n’est pas en capacité d’assumer une alimentation 100% locale pour tous les français. Il faut donc jouer sur la modification des pratiques, pour certains aliments, selon la capacité de production du territoire où l’on réside. Et dans un premier temps, en fonction de l’offre existante. 

 

Diversité de la gamme et re-territorialisation agricole

Si pendant des décennies, les territoires français ont produit en quantité, la spécialisation par filière s’est accrue au fil du temps. Pour aboutir aujourd’hui à des départements plus ou moins agricoles et plus ou moins spécialisés dans certains cultures (viticoles, maraichères ou céréalières). Le défi de taille est donc de redéfinir les productions essentielles en fonction des conditions géographiques et climatiques. Pour tester de nouvelles cultures ou en relancer d’autres, pour reconstituer une gamme diversifiée qui répond aux besoins alimentaires des habitants. Et ce n’est pas toujours faisable à petite échelle. Il faut souvent le faire à une échelle régionale pour que cela ait un sens. Il serait illusoire de penser que l’on peut réadapter le modèle agricole en un coup de baguette magique. Chaque territoire doit donc définir ses potentiels et ses solutions et coopérer avec ses voisins pour certaines productions (par exemple les produits de l’élevage en montagne qui alimentent les espaces littoraux).  

 

Identification des producteurs et livraison 

Autre défi de taille, après la production, la livraison. Et c’est là que la logistique d’approvisionnement doit être regardée de plus près. La demande est forte dans les centres urbains, mais la condition est un mode de commande et de livraison pratique et rapide. Les consommateurs veulent se faciliter la vie, en commandant en ligne, en se faisant livrer chez eux ou sur leur lieu de travail. L’expérience client doit être optimisée, sous peine que le consommateur se détourne rapidement des adresses locales, si elles ne concurrencent pas la grande distribution en termes de services. 

La crise sanitaire aura peut-être ouvert les yeux des plus réticents au locavorisme. En renforçant le désir de consommer local, la demande semble mature pour changer ses habitudes. Reste à répondre aux besoins de praticité, de diversité et de rapidité de livraison que demandent les consommateurs. Avec sa plateforme de co-voiturage de produits locaux, Grinoloco mise sur la technologie et la solidarité locale pour inventer de nouveaux services. Une belle aventure pour passer à l’action dès maintenant. 

 

Auteur : Anne-Cécile Audra

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Sources :