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Daniel VUILLON nous raconte : les circuits courts

Écrit le . Posté dans Histoires de producteurs.
Daniel VUILLON nous raconte : les circuits courts

"Ne nous y trompons pas, les circuits courts ont toujours existé.

C’est seulement depuis l’émergence des grandes surfaces qu’ils sont devenus un modèle de consommation alternatif.

En tant que pionniers d’une nouvelle forme de circuit court, nous souhaitions en savoir plus sur l’évolution de ce modèle et avoir la vision d’une personne expérimentée.

C’est à cette occasion que nous sommes allés à la rencontre de Daniel VUILLON, producteur local d’une exploitation familiale et fondateur de la première AMAP en France.

Il nous a raconté comment notre société de consommation a évolué durant ces 40 dernières années."

 

 

LE DÉCLIN DES CIRCUITS COURTS

Les producteurs locaux et commerces à taille humaine ont été balayés par l’arrivée massive de la grande distribution. La vente des produits locaux en circuit-court en a directement souffert. 

“A la fin des années 70, le développement de la grande distribution a commencé. 

Des hypermarchés ont été construits aux abords des villes et comme il fallait bien prendre le chiffre d’affaire quelque part, ce sont les circuits court qui ont été détruits, c’est à dire les producteurs à proximité qui achetaient leurs terre pour s’installer mais également les petits commerçants”

 

UNE CROISSANCE FULGURANTE

Avec la génération X, des changements d'habitudes dans la façon de consommer ont émergé. La rapidité et la facilité des grandes surfaces a été adoptée, au détriment de la qualité et de la proximité des circuits-courts et producteurs locaux.

“En 80 la grande distribution représentait 5% de part de marché et en 2000 elle représentait (dans certaines filières comme les fruits et légumes) 85%.”

Cela a provoqué un dégât considérable au niveau social: disparition des maraîchers périurbains mais aussi d’un nombre considérable de petits commerces et effondrement des marchés forains classiques (parce que les jeune préféraient aller faire leurs courses aux grandes surfaces en sortant du boulot)”

 

LE MARCHÉ AGROALIMENTAIRE BOULEVERSE

L’offre et la demande régissent les prix du marché. La production, les salaires, la réglementation, ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre, on en arrive à comparer ce qui n’est pas comparable. Pour un retour au local, le respect des saisons est de mise. Connaître et comprendre ce qui est peut-être cultivé dans sa région est la clé d'une alimentation plus responsable et locale. 

“Jusque-là, le marché s’adaptait au produit, c’est-à-dire que l’on mangeait des tomates quand c’était la saison des tomates, on suivait complètement le rythme des saisons et ce que le producteur avait apporté. Mais, avec le développement des grandes surfaces, c’est le producteur qui devait s’adapter au marché.”

“L'offre et la demande ont toujours déterminé les prix du marché, mais ça a été déséquilibré par l’importation, parce qu’on peut toujours trouver les mêmes produits ailleurs et moins cher. Ce qui explique les délocalisations qu’il y a eu dans tous les secteurs dont l’agriculture.”

“Pour gagner de l’argent dans le BIO, il faut aller le faire au Maroc, là-bas, la journée c’est 10€ pour 10 heures, ensuite vous présentez votre produit sur le marché français, au prix français; c’est plus rentable que de le produire en France et voilà la situation à laquelle on aboutit.”

Cette situation est d’autant plus alarmante aujourd'hui de par les enjeux écologiques auxquels nous faisons face, le retour à la consommation locale est une priorité, mais seulement, nous avons le devoir de redéfinir nos habitudes de consommation, en nous tournant vers des produits issus d’exploitations responsables, et en acceptant de manger les aliments disponibles en fonction des saisons.


Cette rencontre instructive et enrichissante nous a conforté dans l’idée que nous avions un rôle à jouer dans la construction de la société de consommation de demain, qui se voudra plus locale, plus solidaire et plus transparente.

 

 

Découvrez Pierre Vachier, producteur au Pradet et Gérant du magasin de Producteurs "Terres d'Hyeres" dans le Var